Tabac, cesser : l'entraide en famille
Revenons au cas le plus fréquent,
celui du fumeur motivé mais modérément
dépendant,
qui pourra probablement sarrêter par lui-même.
La priorité est que les personnes en qui le fumeur
a confiance se concertent, forment une sorte de micro-réseau
pour que chacun dise la même chose
et cessent
elles-mêmes de fumer.
Des adolescents dont les parents étaient fumeurs
ont été formés. Ils ont obtenu 50%
de succès (Patten).
Diminuer,
ne pas y compter !
Au fond, le fumeur le sait, parce quil a déjà
essayé en vain de diminuer, mais il garde cet espoir.
Quil essaye une dernière fois de diminuer
si ça lui chante
La dépendance, cest lincapacité
de rester modéré et non lincapacité
de sarrêter. Cette incapacité de modération
est définitive. Cest vrai du tabac comme
de lalcool et des drogues illicites.
Ce qui est tout aussi définitif,
cest la disparition du plaisir à fumer.
S'il a existé, ne jamais espérer le retrouver.
Répétons-le, ce qu'il continue à appeler
"plaisir", n'est-ce pas plutôt : se
sentir moins mal, ce qui est bien différent ?
L'objectif de l'entraide
en famille est donc l'arrêt total et définitif.
C'est seulement en cas de plusieurs échecs d'abstinence
(Park) que l'addictologue, et lui seul, pourra en venir
à conduire un arrêt par étapes.
Quel moment
choisir pour sarrêter ? Ce peut être
nimporte quand : dès linstant où
le fumeur décidera que cest idiot de continuer,
il ne finira pas le ou les paquets qui sont en train. À
la poubelle, tout son tabac et ses briquets !
Vouloir finir les paquets
en train avant de sarrêter, ce serait contredire
sa propre décision.
Certains fumeurs remettent
l'arrêt à une date supposée magique :
le prochain week-end, un anniversaire ou autre fête,
les vacances qui éloignent des autres fumeurs, une
grossesse ou une naissance, le jour où leur premier
enfant aura tel âge, une intervention chirurgicale
programmée.
Dès quune
date sera fixée, le dire à tout le monde :
ce sera plus difficile de changer didée.
Toutefois, retarder la date, cest augmenter le risque
de rechuter un peu plus tard.
Dès la date fixée, ne pas attendre pour se
remettre à la marche à pied, au moins 30 minutes
trois fois par semaine ; et à la montée
des escaliers, progressivement.
Lui "remonter
le moral", autrement dit le
soutien psychologique est à la portée
des familles. Il est analogue au "traitement cognitivo-comportemental"
ou motivationnel cité plus haut.
Les tentations sont
minutieusement analysées, notamment les fins de repas,
le café, les réunions et fêtes, les
offres amicales de cigarettes, les coups de téléphone,
les tâches urgentes, les émotions négatives,
les sorties du logis, du travail ou dune représentation,
lentrée dans la voiture, la solitude ;
en cas de prise de poids non désirée ;
de contrariétés ou conflits ; de dépression,
de recours à lalcool ou au haschisch. Du simple
écart à la rechute vraie, la pente est savonneuse.
Faire remarquer que
les envies folles de fumer sont brèves, pas
plus dune à deux minutes en général.
Pour en venir à
bout, les diversions peuvent être brèves,
elles aussi : se répéter « La
cigarette, jarrête ! », « Je
lai décidé ! » ;
boire frais, se passer une serviette humide chaude ou
froide dans le cou, se brosser longuement les dents, allumer
une bougie plutôt quune cigarette ; bricoler,
broder, taper sur son clavier dordinateur, tripoter
un crayon au lieu dune cigarette ; passer un
coup de téléphone
sans fumer ;
passer l'aspirateur, parcourir lescalier, marcher,
laver la voiture.
Ne pas soffrir une
détente telle que rallumer une cigarette.
Se remémorer les bienfaits promis de la liberté
retrouvée.
Que répondra-t-il
joyeusement quand on lui offrira une cigarette ?
Les réponses proposées ci-dessus
dans
Tabagisme :
parler à l'enfant de 11 ans sont-elles
à son goût ?
En imaginera-t-il dautres, comme :
« Je mexcuse, je narrive à
rien faire comme tout le monde. »
- Conserver des relations
s'il séloigne de ses amis et collègues
de bureau qui fument. Cultiver dautres relations.
Plus sa vie de relation le comblera, moins il éprouvera
l'idée de se "récompenser" par
des cigarettes.
- Pratiquer en groupe
des activités physiques en progressant
à mesure que lessoufflement sestompe.
- Se fixer des objectifs
réalistes et sy tenir.
- Calculer ce que coûteraient vingt années
de sa consommation actuelle de tabac et imaginer quelle
amélioration du logement familial résulterait
de cette économie.
- Parler à lavance des rechutes
du tabagisme,
sachant quil faut s'y attendre dans beaucoup de
cas.
En cas de faux
pas, ne pas allumer la cigarette suivante et
prendre rendez-vous avec son tabacologue.
La rechute du tabagisme
est bien moins éprouvante que la rechute en dépendance
alcoolique. Elle aussi risque de durer.
Ne pas accabler le rechutant de reproches, nen faire
ni une bagatelle, ni un drame.
« Tout arrêt
du tabac, même transitoire, rapproche du succès
final. » répète le tabacologue
Gilbert Lagrue.
Déborder d'amabilité pour remotiver.
Tenir compte d'un accès dépressif ou anxieux,
d'une période difficile, des offres de tabac par
les amis et autres tentations.
La famille et le fumeur trouveront
encore un appui désintéressé en consultant
Tabacologie.fr
OFT, Office Français
de Prévention du Tabagisme
Institut National de
Prévention et d'Education pour la Santé
Info-tabac (Canadien)
Stoptabac (services
payants)
Tabac Info Service : 0 825 309 310 , tous les jours
de 9 à 18 h.