Tabac, tabagisme :

parler en famille

au fumeur adulte

Difficultés du fumeur pour se libérer.
Comment le soutenir pour se libérer ?

Révision : 06.07.2013   Translate

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Le tabac est, de loin, la plus meurtrière des drogues, causant plus de 50.000 décès par an en France, soit davantage que l'alcool ; et loin devant les quelques centaines de décès d’héroïnomanes.
La plupart des grands fumeurs ont eu les pires difficultés pour se libérer.

Cette longue Page comprend deux parties :

- Faits publiés
- Comment soutenir le fumeur en famille.

Première partie

Difficultés de se libérer

Faits publiés : six points essentiels

• Leur faire rencontrer un fumeur libéré, si possible.
• Insister plutôt sur les avantages à changer que sur les dangers.
• Accepter une modique prise de poids.

• Cesser net plutôt que progressivement.
• Etaler sur 4 à 10 mois les séances de soutien professionnel.
• Ne pas se laisser décourager par un premier échec.

Principaux faits publiés sur l’arrêt du tabac

1, Les fumeurs les plus menacés
2, Leurs motifs pour se libérer
3, Leurs chances (“prédicteurs”) de réussite

4, L’inégale efficacité des méthodes appliquées
5, Les résultats des intervenants les plus motivés
6, Les appoints médicamenteux

7, Les méthodes les moins efficaces
8, Les obstacles
9, Conclusions

1, Les fumeurs les plus menacés

Ce sont :
- les personnes aux artères menacées de se boucher (diabète, angine de poitrine) ;
- les bronchitiques et les personnes infectées par le virus VIH ;
- les déprimés ;
- les femmes enceintes.
- les fumeuses autant que les fumeurs : cancers du poumon et des voies aéro-digestives supérieures.

2, Leurs motifs pour se libérer

La vie a été plus heureuse chez les fumeurs libérés du tabac depuis un an que chez les fumeurs endurcis et même que chez ceux qui n’ont jamais fumé (Shahab).La santé, l’exemple donné aux enfants et le coût ont été les meilleurs motifs aux yeux des Maoris (Thomson).

Après 4 ans d’arrêt du tabac, la mortalité a diminué d’un tiers et les atteintes cardio-vasculaires des deux tiers (Kondo). L’arrêt du tabac freine la dégénération maculaire, et la cataracte. Il efface l’inflammation oculaire (Galor).

3, Leurs chances (“prédicteurs”) de réussite

Leurs chances étaient meilleures :
- s’ils avaient confiance dans leurs réussites (McCarthy) ;
- s’ils étaient bien soutenus par leurs partenaires sentimentaux et amis (Rayens, Medbö) ;
- s’ils étaient moins jeunes (Dorner) ;
- s’ils avaient commencé à fumer moins jeunes (Cengelli) ;
- s’ils n’étaient pas dépendants en outre à des drogues illicites (Khara) ;
- s’ils étaient été assidus à des programmes durant cinq à dix semaines (Dorner, Khara, Wasserfallen) ;
- si leur rythme cardiaque réagissait peu à des images ou scènes inquiétantes (Ashare).

Les chances de succès ont été meilleures chez les fumeurs moins jeunes, plus éduqués, mariés, assidus à leurs médecins, et ayant réussi de plus longues abstinences (Hawkins).
Même chez les personnes âgées dépassant 80 ans, la libération du tabac améliore la mortalité (Gellert).

4, L’inégale efficacité des méthodes appliquées

Il a été plus efficace de mettre l’accent sur les avantages à se libérer plutôt que sur les dangers à continuer de fumer (Gallagher).

Arrêter net (“Dinde froide” par allusion à une chanson) valait mieux que progressivement (Etter, Hung).

La diffusion du site “Quit Kit” à 480.000 fumeurs a décidé 57% d’entre eux à l’essayer : 26% de ceux-ci ont eu au moins un mois d’abstinence (Ussher).

En milieu rural éloigné, dans 16 lieux éloignés, 184 fumeurs ont bénéficié de vidéoconférences en petits groupes, les libérations du tabac ont été favorables de 37% au bout d’un an (Carlson).

Dans les restaurants chinois de New-York, 137 travailleurs sans soutien de leur entourage ont bénéficié de 9 séances téléphoniques dans leur langue. La moitié d’entre eux ont suivi le programme entier. Parmi ceux-ci, la moitié sont devenus abstinents, et un tiers l'est resté 6 mois (Burton).

5, Les résultats des intervenants les plus motivés

Les personnes libérées du tabac seraient-elles efficaces ? Parmi 10.000 fumeurs atteints de troubles mentaux, 102 ont bénéficié d’entretiens avec des rétablis. Le taux de succès de 29% a été remarquable compte tenu du terrain. Ils ont attesté : « Il est bien plus facile de parler avec un fumeur qu’avec un psychiatre ou ses auxiliaires ! » (Williams). Toutefois, les personnes libérées du tabac préfèrent n'en plus parler, à la différence de celles libérées de l'alcool.

Les professionnels les plus motivés sont : les anesthésistes, spécialistes de la stérilité, psychiatres, obstétriciens et sage-femmes, dentistes, pharmaciens et assureurs.

Les anesthésistes ont diminué les complications respiratoires post-opératoires par des programmes d’au moins 4 semaines (Mills) mais cela n’a pas été confirmé par une méta-analyse (Myers). Quand une opération était différée quatre mois ou mieux huit mois avec l’arrêt du tabac pendant cette période, les complications respiratoires, cardio-vasculaires et cicatrisantes ont été nettement bien plus rares (Wong).
Les fumeurs porteurs d’un petit anévrisme de l’aorte abdominale qui ont cessé de fumer ont eu 38% de ruptures en moins. En coût-efficacité, leurs survies ont été remarquables (Mani).

803 spécialistes de la stérilité ont été invités à s’impliquer et 42 % ont répondu. La plupart ont incité les femmes à se libérer et ont indiqué comment (Fréour).

Les personnes atteintes de troubles mentaux, y compris de dépressions bipolaires, ont demandé au psychiatre un programme adapté à leur état, durant 10 semaines. L’assiduité est tombée de 183 à 105. Parmi ces derniers, 31% étaient abstinents à 30 jours et 21% à un an (Ashton, Prochaska).

Les femmes enceintes fumeuses (6% au Japon) ont été davantage exposées à six sortes de complications obstétricales (Hayashi). Les Maories enceintes se sont déclarées peu motivées, prétextant qu’elles étaient entourées de fumeurs et que ceux-ci continuaient leurs habitudes tout en leur conseillant de s’arrêter (Glover). On a incité les maris à être confiants dans leurs propres succès et à ne pas importuner par leur fumée (Loke, Nguyen).

Chez les fumeuses enceintes, aucune méthode ne s’est imposée et les résultats ont déçu (Filion, Heppner). L’offre d’argent n’a pas plu (Lynagh).
Dès avant les grossesses, certaines ont cessé de fumer mais sans obtenir un bénéfice pour les capacités de leurs enfants à moins mal raisonner ou comprendre le langage. Toutefois, on a négligé de mesurer les capacités des mères (Heinonen).
L’arrêt du tabac a encouragé à allaiter mais l’insuccès n’a pas contre-indiqué l’allaitement (Collins, Bailey).

Les dentistes sont motivés par la fréquence des cancers et des parodontopathies mais leurs conseils ont été trop ponctuels pour avoir réussi.

Les pharmaciens sont motivés pour recommander l’arrêt du tabac tout en délivrant des substituts nicotiniques. Même en organisant des programmes de 7 semaines ou 12 semaines d’entretiens avec le pharmacien, les abstinents à un an n’ont été que 6,3% (Bauld). Un autre programme, chez 6.987 fumeurs, a obtenu 28% d'abstinence mais dans l’immédiat et à condition de comporter 3 séances (Costello).

En Californie, parmi 900 professionnels se consacrant à l’éducation des diabétiques, 170 d’entre eux ont prôné l’arrêt du tabac, aidés par une campagne de presse, des fascicules, des documents à télécharger et une ligne téléphonique d’aide. Les résultats ne sont pas encore connus (Macaller).

Clients d’une compagnie d’assurances, 737 fumeurs ont bénéficié de 4 rencontres en 6 mois avec des conseillers qui mettaient l’accent sur les progrès. Les succès n’ont pas été publiés en pourcentages d'abstinences mais le ratio entre coût et efficacité aurait atteint $ 1.258 par année de vie épargnée (Pesis-Katz).

Les personnes libérées du tabac n’ont pas l’ardeur à témoigner qu’ont les rétablis de l’alcool.

Une propagande erronée nie que l’augmentation des taxes réduise la consommation du tabac (Chaloupka). L’augmentation des taxes sur le tabac, en Australie, n’a obtenu que des abstinences temporaires (Dunlop).

6, Les appoints médicamenteux

Ce site Internet est indépendant. Il ne nomme aucun médicament.
Aucun médicament n’a fait de prodige. Les médicaments ne sont pas toujours indispensable.

Un substitut nicotinique non médicamenteux est l’antique chique de tabac, remise à la mode sous le nom de snus. Il cesse d'augmenter les risques de cancer et de bronchite asphyxiante, mais pas les risques d’infarctus du myocarde. Comparés 125 chiqueurs de snus et 125 témoins, les fumeurs abstinents à 6 semaines ont été respectivement 4% et 1,6% (Fagerstrom).

Un médicament autorisé a été contesté en raison de risques graves. A-t-on comparé ces risques à celui de rester fumeur ?
Un extrait de plantes poussant en Nouvelle-Zélande est bon marché mais n’a obtenu que 8,4% d’abstinences durant 12 mois (West).

7, Les méthodes les moins efficaces

Des techniques récentes de communication, si ingénieusement qu’elles aient été mises en œuvre, ont déçu :
- programmes individualisés sur l’Internet (Hutton, Reitzel, Mason). Sur l’Internet, un programme sur mesure appliqué à 1.000 participants fumeurs n’a que 8% d’abstinents à un an, mais 41% si les fumeurs ont été assidus au programme entier (Leykin).
- applications iPhone (Abroms, Ferguson). Les programmes en vue de libérer les fumeurs par le téléphone réussissent de 37% à 24 semaines à condition qu’ils soient : indemnes de troubles psychiques ; aidés par leurs entourages ; et pas astreints à fumer tôt le matin (Carreras Castellet).
- Youtube et Twitter envahies d’offres commerciales (Richardson, Prochaska).

Une entreprise a offert $ 750 à 878 salariés pour suivre un programme et cesser de fumer. Cela n’a pas été jugé attractif, même en élevant l’offre à $ 1.500 (Kim).

Accroître l’activité physique n’a pas amélioré le taux de succès (Bize, Horn).

On a obtenu des prisons dans tabac, théoriquement, et sans garantir la persévérance après la sortie (Gautam).

Les personnes démunies ne sont motivées que par le coût du tabac. Vivant au jour le jour, elles sont peu motivées par leur avenir. Fréquemment anxio-dépressives, elles manquent habituellement du courage pour cesser (Merson).

8, Les obstacles

L’état de manque à l’arrêt du tabac a souvent découragé la persévérance, à cause des envies folles (“craving”), des déficits de l’attention et de la concentration, des tendances dépressives, accessoirement de la faim (Leventhal).

La prise de poids est redoutée. La prise de poids après la libération du tabac s’est élevée de 4,7 kg en moyenne à un an. Chez 13%, plus de 10 kg (Aubin).alors qu'elle est d'habitude de deux à quatre kilos. Elle n'est que le rattrapage des kilos enlevés par le tabac. Elle a été suivie durant huit ans, pour atteindre jusqu'à 9 kg, contre 2,2 kg chez les personnes d’âges comparables. La prise de poids a été plus importante chez les obèses (Lycett).
Toutefois, chez plus de 300.000 volontaires après l’arrêt du tabac, la prise annuelle de poids n’a pas été supérieure de 0,44 kg chez les hommes et 0,46 kg chez les femmes que chez les volontaires qui ont continué à fumer (Travier). Ces faits lèveraient-ils un obstacle à cesser de fumer.

Les industriels du tabac ont axé leur énorme propagande en Amérique sur la terreur de grossir à l’arrêt du tabac. Pour fidéliser les fumeurs, certains ont ajouté des coupe-faim (acide tartrique, 2-acétylpyridine) dans les cigarettes (Gonseth). Ils ont raconté que le seul risque du tabac est l’addiction à la nicotine, et que la nicotine est bienfaisante dans certains troubles mentaux (Hirshbein).

Les fumeurs anxio-dépressifs sont les plus difficiles à libérer, surtout les femmes. Ils sont très nombreux, bien plus d'un million en France : soit près de la moitié des fumeurs fortement dépendants.
Ils ont besoin de bénéficier d'un diagnostic et d'un traitement psychiatriques avant d'arrêter de fumer, sinon ils risquent une dépression grave (Lagrue).
La dépendance au tabac ne paraît pas être un facteur de dépression : leurs causes seraient plutôt communes (Kessler).
Les dépressions ne seraient pas à craindre en cas d’arrêt du tabac, mais en cas d’échec (Berlin).

Les chances de succès ont été moindres : chez les hommes ayant subi des pertes d’emploi multiples et longues ; après plusieurs ruptures de couples ; ou s’ils n’avaient jamais vécu en couple (Kriegbaum) ; si leurs partenaires sentimentaux étaient fumeurs (Kennedy).

Parmi les plus rétifs à se libérer du tabac, citons ceux déjà atteints d’un infarctus (Stchepinski), les opérés (Lizée), les femmes enceintes (Baha), notamment celles en situation de précarité (Rouquet, Labroye-Signoret), et les fumeurs de cannabis (Quantin).

Les faux-pas et les rechutes ont découragé d’innombrables fumeurs, bien à tort. Ces échecs ont été favorisés par les envies folles et les variations de l’humeur (Cofta-Woerpel) ; si le partenaire sentimental se mettait à fumer (Hawkins) ; ou lors des réunions avec des amis fumeurs, lors d’émotions négatives ; ou par la simple curiosité (Myers).
Une prédisposition à la rechute serait l’intensité de la douleur lors du test tensionnel au froid (Nakajima).

Surtout, l’étude de 1001 faux-pas et rechutes a manifesté que, loin de désespérer, chacun a rapproché du succès chez les fumeurs qui renouvelaient l’effort de cesser totalement de fumer (Kirchner).

Les tabacologues français en ville sont pénalisés par le temps passé. Ils préfèrent se déclarer simplement généralistes. Les hôpitaux hésitent à en recruter, compte tenu de leurs trop rares succès.

Conclusions : rappel des publications essentielles

• Leur faire rencontrer un fumeur libéré, si possible.
• Insister davantage sur les avantages à changer que sur les dangers à continuer.
• Accepter une modeste prise de poids.
• Cesser net plutôt que progressivement.
• Etaler sur 4 à 10 mois les séances de soutien professionnel.
• Ne pas se laisser décourager par un premier échec.

Deuxième partie

Comment soutenir le fumeur

pour se libérer

Six points essentiels :

• Le laisser exprimer les avantages de son habitude, avant d’envisager ceux d’y renoncer.
• Evaluer ses chances de réussir.
• Se concerter et s'entraider autour de lui.

• La modération ne reviendra jamais, le plaisir perdu non plus.
• La double dépendance, au tabac et à l’alcool, peut se soigner simultanément.
• Faire face au risque de dépression.

• Tabac, cesser : motiver

Il est plus facile de motiver un adulte qu’un adolescent : 60% des adultes qui fument au moins vingt cigarettes par jour veulent se libérer. Mon ami le Pr. Gilbert Lagrue a l'habitude de commencer par demander aux gros fumeurs : « La cigarette est-elle pour vous une drogue ? » La réponse est toujours : « Oui, bien sûr ! »

Le laisser exprimer les avantages et inconvénients qu'il trouve jusqu'à présent à continuer, en se confirmant aux règles de l'entretien motivationnel (Guichenez) :

Quels avantages à se libérer ?
Quels dangers à continuer ?
Que répondre à ses objections ?

• Quels avantages à se libérer ?

S’appuyer sur les avantages qui lui seraient particuliers :

- sa santé en premier lieu, notamment le souffle, la toux, les remontées acides qui brûlent l'oesophage ;

- la présence au domicile : d’enfants (risques accrus de devenir asthmatiques, de mort subite, asthme, bronchites, otites, absentéisme scolaire, hospitalisations ; ou qui risquent une intoxication grave pour avoir mangé des mégots). Une intervention a encouragé des fumeurs à cesser pour le bien de leurs enfants. Ils n’ont été que 23% à cesser de fumer ; mais 18% ont cessé spontanément (Rosen).
ou d’un autre fumeur motivé pour se libérer.

- la prise de pilule contraceptive, qui fait mauvais ménage avec le tabac ;

- un projet de grossesse. Les fumeuses qui désirent une grossesse ont un risque triplé de grossesse extra-utérine (qui fait perdre une trompe) et de stérilité. En cas de grossesse, la croissance du foetus est insuffisante (OFT). Les fumeuses sont une chance quand elles enceintes si on les informe des risques pour leurs foetus : morts subites des nourrissons, asthme et troubles psychiques (Horak).
La fécondité masculine, elle aussi, est altérée par le tabac (Sepaniak).

Mettre en avant les aspects positifs du changement :

- la libération ;

- le souffle, l'aptitude aux sports de santé ; la fin des bronchites à répétition ;

- le parfum d'une fleur, la saveur d'une tomate bientôt retrouvés ;

- la beauté : ne plus avoir une peau épaisse et terne pour laquelle on se ruine en cosmétiques, des dents jaunes; des cheveux cassants, une voix éraillée, une haleine désagréable ;

- l’économie qui va bien au-delà des achats de tabac, sachant qu’un fumeur américain revient à $ 3 000, soit près de 2 000 € par an : aux caisses et organismes publics autant qu’à son porte-monnaie et à ses contrats d’assurance ;

- la fierté de la réussite et d'une amélioration de son image ; l'espoir d'être délivré d'éventuelles difficultés sexuelles.

- s’il s’arrête, les risques de maladies graves vont s’estomper. Le fumeur qui s’arrête à 35 ans gagne déjà au moins 8 ans d’espérance de vie. Autant dire qu’on fait encore mieux en s’arrêtant plus tôt.

Vous l'amuserez en lui présentant le calendrier des bienfaits de l'arrêt du tabac (Perriot) :

- Moins de huit heures pour retrouver une tension artérielle et un rythme cardiaque normaux et pour avoir moitié moins d'oxyde de carbone dans le sang ;
- 24 heures pour éliminer l'oxyde de carbone et la nicotine ;
- 48 heures pour améliorer le goût, l'odorat et la qualité du sommeil ;
- 72 heures pour respirer mieux ;

- 15 jours à trois mois pour diminuer la toux et la fatigue, cracher moins et retrouver du souffle ;
- Deux mois pour éviter les complications respiratoires et cardiaques après une intervention chirurgicale ;

- Un an pour réduire le risque d'infarctus, préserver les artères des pieds, diminuer l'asthme et réduire le risque de mourir d'une bronchite chronique asphyxiante.
Pour les femmes : un an pour réduire les risques d'infécondité, d'accouchement prématuré, de cancers gynécologiques, des complications veineuses et cérébrales de la pilule ;

- 5 ans pour réduire le risque de cancer dans les poumons et dans la gorge.

• Quels dangers à continuer ?

Le tabac est la plus meurtrière des drogues, avec environ 60.000 décès annuels. Un grand fumeur sur deux meurt du fait de son tabac, et les femmes sont en train de rattraper les mêmes risques.

• Que répondre à ses objections ?

- "Ma détente, mon remède quand je suis anxieux" ?
- "Je me sens bien!"… "C'est mon plaisir" ?
- "Je vais prendre d'affreux kilos" ?
- "Ce serait un effort épouvantable, pour échouer une fois de plus" ?

S’il vous dit qu’une cigarette n’a jamais fait de mal à personne, lui répondre que ça dépend après combien d’autres. Les "filtres" ne servent à rien. La pipe à eau oblige à inhaler la fumée jusqu'aux poumons , ce qui augmente le danger.
S
'il vous dit que fumer le stimule et apaise son anxiété, lui suggérer que ce n'est rien d'autre qu'un état de manque, qui cessera après le sevrage, aidé éventuellement par substitution de nicotine.
Il vous dit : « Je me sens bien dès que je fume ! » alors qu'il se sent moins mal, ce qui est bien différent.

S'il redoute de grossir (de 3 kg pour un homme ou de 4 kg pour une femme), de devenir désagréable en famille ou au travail, ou d'avoir besoin d'antidépresseurs, son médecin généraliste ou addictologue (tabacologue) l'aidera.

S'il vous objecte l'habitude du geste, trouvera-t-il un autre objet à tripoter ?

A-t-il repéré les occasions de tentation : en famille, au bureau, en société ?
Un charlatan lui a-t-il promis un succès immédiat et pris beaucoup d'argent ? Cela ne doit pas retarder, mais motiver pour se confier à un authentique professionnel.

Pour réussir, il faut à la fois en avoir très envie et ne pas douter du succès.
Beaucoup de fumeurs souffrent de ce doute pour avoir durement échoué lors de leurs premières tentatives pour arrêter.

• Tabac, cesser : quelles chances chez l'adulte ?

Leurs chances (“prédicteurs”) de réussite et les obstacles figurent parmi les faits publiés en tête de cett page.

Une fois l’adulte motivé, il revient à ses proches d'apprécier ses chances de réussir tout seul en évaluant le degré de sa dépendance à la nicotine. Par exemple, si la première cigarette de la journée est prise dans les minutes qui suivent le réveil, le fumeur n'a guère de chances d’arriver à s’arrêter sans l'aide d'un professionnel.

Moins décisives sont les 5 autres questions de Fagerström :

- À quelle cigarette de la journée vous serait-il le plus difficile de renoncer ?
- Avez-vous de la peine à rester sans fumer là où c’est interdit ?
- Combien vous faut-il de cigarettes par jour ?
- Vous en faut-il davantage le matin que l’après-midi ?
- Continuez-vous à fumer quand vous êtes malade et au lit ?

Une autre manière d’évaluer le degré de dépendance est de demander ce qui s’est passé si le fumeur a récemment essayé de s’arrêter, ne serait-ce que 24 heures. Quelle a été l’intensité du “syndrome de sevrage”, autrement dit de l'état de manque avec, dans les 24 heures : la mauvaise humeur, l’insomnie, l’anxiété allant parfois jusqu’à la dépression, l’incapacité de se concentrer, la bouche sèche, des envies folles de rallumer une cigarette.

En l’absence de traitement, ces troubles durent quatre semaines en moyenne, mais l’irritabilité et les envies folles peuvent revenir pendant plus de six mois.

En cas de forte dépendance, le fumeur aura besoin d’une aide professionnelle pour se libérer. C'est le cas de 2 à 3 millions de Français. Les professionnels formés sont en nombre très insuffisant : les 500 consultations publiques d'addictologie fonctionnent en moyenne trois demi-journées par semaine, ce qui couvre très loin des besoins.

Un bilan préalable s’imposera pour déceler des dommages déjà présents, une hypertension, d’autres dépendances, des troubles anxio-dépressifs antérieurs au tabagisme, parfois d’autres troubles psychiques.

Il reviendra au médecin expérimenté en tabacologie-addictologie de traiter ces troubles éventuels et de prodiguer le soutien psychologique pendant quatre à huit ans, pour prévenir ou accompagner les rechutes.
L'entretien motivationnel
met l'accent sur les motifs, les obstacles et les bénéfices de se libérer.
Le “traitement cognitivo-comportemental”
met l’accent sur les tentatives, les situations à risque, la confiance en soi, les progrès réalisés avant de débattre sur “ce qui pourrait être amélioré” (Aubin).

Ce soutien développe l'affirmation de soi et l'art de faire face à la peur de grossir, aux contrariétés, aux dépressions comme aux tentations. Celles-ci surgissent lors de repas avec des fumeurs, de frustrations et de conflits.

Les pastilles ou comprimés à sucer, gommes, ou timbres qui, associés, maintiennent une concentration suffisante de nicotine dans la circulation sanguine rendent confortable l'arrêt du tabac et renforcent ainsi la motivation. Toutefois, ils ne sont efficaces à long terme que dans le cadre de cette psychothérapie.

Leur utilisation ne doit pas durer moins de trois mois (ils ne coûtent pas plus que le tabac qu’ils font économiser). La fréquence des échecs fait soupçonner que la nicotine n'est pas, dans les cigarettes, la seule substance qui accroche.

Le timbre ("patch") est à mettre le soir au coucher pour diminuer l'envie de fumer au réveil. Les précautions sont les mêmes.

Le traitement se pilote par les dosages de cotinine et de créatinine dans les urines, avant et après les prises de substituts nicotiniques (Kuperminc).

La chique (snus en suédois) est bon marché et elle est appréciée par les sportifs parce qu'elle n'essouffle pas. Elle n'expose guère au cancer (Wirth) mais elle accroche à la nicotine, laquelle est la cause des morts par infarctus. Elle est intéressante comme substitut, mais seulement pour quelques semaines, sinon elle entretient la dépendance, comme les gommes et timbres. Chiquer du tabac (le “snus”) au bout de six mois n’a libéré du tabac que 13% des fumeurs, soit pas mieux qu’un placebo (Fagerstrom).

Deux médicaments sont vantés pour libérer du tabac mais ils déterminent l’un 8 fois, l’autre 3 fois plus souvent de dépression et de tentatives de suicide que par les produits à la nicotine (Moore).

Les médecins addictologues-tabacologues ont leur charte qui leur interdit à juste titre de présenter une méthode comme personnelle ainsi que de limiter leur pratique à une seule méthode.

Attention aux sectes, promptes à vous prendre votre argent et à vous couper de votre famille.

• Tabac, cesser : l'entraide en famille

Revenons au cas le plus fréquent, celui du fumeur motivé mais modérément dépendant, qui pourra probablement s’arrêter par lui-même.
La priorité est que les personnes en qui le fumeur a confiance se concertent, forment une sorte de micro-réseau pour que chacun dise la même chose… et cessent elles-mêmes de fumer.
Des adolescents dont les parents étaient fumeurs ont été formés. Ils ont obtenu 50% de succès (Patten).

Diminuer, ne pas y compter ! Au fond, le fumeur le sait, parce qu’il a déjà essayé en vain de diminuer, mais il garde cet espoir. Qu’il essaye une dernière fois de diminuer si ça lui chante…
La dépendance, c’est l’incapacité de rester modéré et non l’incapacité de s’arrêter. Cette incapacité de modération est définitive. C’est vrai du tabac comme de l’alcool et des drogues illicites.

Ce qui est tout aussi définitif, c’est la disparition du plaisir à fumer. S'il a existé, ne jamais espérer le retrouver. Répétons-le, ce qu'il continue à appeler "plaisir", n'est-ce pas plutôt : se sentir moins mal, ce qui est bien différent ?

L'objectif de l'entraide en famille est donc l'arrêt total et définitif. C'est seulement en cas de plusieurs échecs d'abstinence (Park) que l'addictologue, et lui seul, pourra en venir à conduire un arrêt par étapes.

Quel moment choisir pour s’arrêter ? Ce peut être n’importe quand : dès l’instant où le fumeur décidera que c’est idiot de continuer, il ne finira pas le ou les paquets qui sont en train. À la poubelle, tout son tabac et ses briquets !

Vouloir finir les paquets en train avant de s’arrêter, ce serait contredire sa propre décision.

Certains fumeurs remettent l'arrêt à une date supposée magique : le prochain week-end, un anniversaire ou autre fête, les vacances qui éloignent des autres fumeurs, une grossesse ou une naissance, le jour où leur premier enfant aura tel âge, une intervention chirurgicale programmée.
Dès qu’une date sera fixée, le dire à tout le monde : ce sera plus difficile de changer d’idée.
Toutefois, retarder la date, c’est augmenter le risque de rechuter un peu plus tard.
Dès la date fixée, ne pas attendre pour se remettre à la marche à pied, au moins 30 minutes trois fois par semaine ; et à la montée des escaliers, progressivement.

Lui "remonter le moral", autrement dit le soutien psychologique est à la portée des familles. Il est analogue au "traitement cognitivo-comportemental" ou “motivationnel” cité plus haut.

Les tentations sont minutieusement analysées, notamment les fins de repas, le café, les réunions et fêtes, les offres amicales de cigarettes, les coups de téléphone, les tâches urgentes, les émotions négatives, les sorties du logis, du travail ou d’une représentation, l’entrée dans la voiture, la solitude ; en cas de prise de poids non désirée ; de contrariétés ou conflits ; de dépression, de recours à l’alcool ou au haschisch. Du simple écart à la rechute vraie, la pente est savonneuse.
Faire remarquer que les envies folles de fumer sont brèves, pas plus d’une à deux minutes en général.

Pour en venir à bout, les diversions peuvent être brèves, elles aussi : se répéter « La cigarette, j’arrête ! », « Je l’ai décidé ! » ; boire frais, se passer une serviette humide chaude ou froide dans le cou, se brosser longuement les dents, allumer une bougie plutôt qu’une cigarette ; bricoler, broder, taper sur son clavier d’ordinateur, tripoter un crayon au lieu d’une cigarette ; passer un coup de téléphone… sans fumer ; passer l'aspirateur, parcourir l’escalier, marcher, laver la voiture.

Ne pas s’offrir une “détente” telle que rallumer une cigarette. Se remémorer les bienfaits promis de la liberté retrouvée.

Que répondra-t-il joyeusement quand on lui offrira une cigarette ?
  Les réponses proposées ci-dessus dans
  Tabagisme : parler à l'enfant de 11 ans sont-elles à son goût ?

  En imaginera-t-il d’autres, comme : « Je m’excuse, je n’arrive à rien faire comme tout le monde. »

- Conserver des relations s'il s’éloigne de ses amis et collègues de bureau qui fument. Cultiver d’autres relations. Plus sa vie de relation le comblera, moins il éprouvera l'idée de se "récompenser" par des cigarettes.

- Pratiquer en groupe des activités physiques en progressant à mesure que l’essoufflement s’estompe.

- Se fixer des objectifs réalistes et s’y tenir.

- Calculer ce que coûteraient vingt années de sa consommation actuelle de tabac et imaginer quelle amélioration du logement familial résulterait de cette économie.

- Parler à l’avance des rechutes du tabagisme, sachant qu’il faut s'y attendre dans beaucoup de cas.

En cas de “faux pas”, ne pas allumer la cigarette suivante et prendre rendez-vous avec son tabacologue.

La rechute du tabagisme est bien moins éprouvante que la rechute en dépendance alcoolique. Elle aussi risque de durer.
Ne pas accabler le rechutant de reproches, n’en faire ni une bagatelle, ni un drame.

« Tout arrêt du tabac, même transitoire, rapproche du succès final. » répète le tabacologue Gilbert Lagrue.
Déborder d'amabilité pour remotiver.
Tenir compte d'un accès dépressif ou anxieux, d'une période difficile, des offres de tabac par les amis et autres tentations.

La famille et le fumeur trouveront encore un appui désintéressé en consultant
Tabacologie.fr
OFT, Office Français de Prévention du Tabagisme
Institut National de Prévention et d'Education pour la Santé
Info-tabac  (Canadien)
Stoptabac (services payants)
Tabac Info Service : 0 825 309 310 , tous les jours de 9 à 18 h.

• Tabac, cesser : objections, cas particuliers

Enceinte, une fumeuse a les meilleures raisons de se libérer, comme on l'a vu plus haut. Elle y réussit d'autant mieux que le père du foetus se libère lui aussi. Après l'accouchement, elle sera tentée de rechuter, surtout si elle n'allaite pas. L'en avertir (Grangé).

Cesser de fumer fait prendre deux à quatre kilos, rarement davantage. Cela, parce que les fumeurs ont un poids inférieur à ce qu’il devrait être : la nicotine freinait l'appétit et elle majorait les dépenses de calories. En somme, c’est un rattrapage, souvent rapide, mais il est mal vécu à la saison des maillots de bain.

Ne pas s’empresser de s’affamer, ce qui pourrait faire perdre de précieux kilos de muscles au moment de se remettre à l’exercice physique. à raison de 45 minutes, une à trois fois par semaine.

Réduire par priorité les calories apportées par les boissons alcoolisées, calories qui ne sont bonnes qu’à faire grossir, et réduire ou mieux supprimer le sucre des pâtisseries, entremets et jus sucrés. En effet, après le tabac, c’est par les aliments sucrés qu’on prépare son infarctus, et non par les aliments riches en cholestérol et autres graisses. Augmenter la part des légumes et des pommes vapeur.

Dépenser des calories en marchant davantage et en diminuant le nombre d'étages parcourus en ascenseur.

Se débarrasser en même temps de l’alcool et du tabac ?
On en a eu longtemps peur. On craignait d’être inhumain en privant de tout, certains soutenaient qu’il est obligatoire d’avoir un vice…
Naturellement, la question ne se pose que dans les cas où c’est l’arrêt qui s’impose et non la modération, et c’est à la personne que reviendra le choix.
Voir la Page : Tabac, alcool : où en suis-je ?

Quand s'est installée une double dépendance au tabac et à l'alcool, l'envie de fumer aggrave l'envie de boire (Hillemacher, Skinner).

Dans de tels cas, les centres d’addictologie, qui s’occupent de tabagisme comme d’alcool, ont réussi à arrêter les deux ensemble et chacun a eu la surprise que ça marche plutôt mieux qu’en remettant à plus tard l’arrêt du tabac. En cas de maux de tête à l'arrêt du tabac, il faut cesser l'alcool et le café, ce dernier temporairement.

En cas de dépression, se dépêcher de s'en entretenir avec le médecin.

REFERENCES

   
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